Annotazione

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(Quand Pasquarello a fini de beugler sa cavatine, Arlequin présente la main, pour recevoir le prix de son chant. Après quelques gestes de mépris, le faux trésorier plonge lentement la main dans le sac en tire un écu qu’il donne à Arlequin.)

(Pasquarello se présente à son tour. Le faux trésorier enthousiasmé plonge à plusieurs reprises la main dans le sac en tire des poignées d’or qu’il donne à Pasquarello.)

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Peuple
Soyez surpris
S’il a le prix,
Son juge a des oreilles
Toutes pareilles.

Balducci
Marauds

Teresa
Chut! vos cris
Redoublent les ris.

(Le faux trésorier met sur la tête de Pasquarello une couronne de laurier. Arlequin, mécontent, prend sa batte et rosse son rival et le distributeur des grâces. Colombine en vain s’y oppose.)

Peuple
Bravo!

Balducci
Marauds, se rire ainsi de moi!

Peuple
Midas!

Balducci (furieux, il s’élance, armé de sa canne, sur le théâtre de Cassandro.)
Attends, c’est fait de toi!

Peuple
Après la comédie
Voici la tragédie.
Vive le carnaval! Bravo!
L’original
Auprès de la copie:
Nous allons voir quel est
De vous deux le plus laid.

(Tous les spectateurs s’avancent vivement vers le fond de la scène comme pour voir le résultat de la lutte engagée entre Balducci et les bateleurs. Cri général. A ce moment la nuit tombe. Les moccoli apparaissent. La rue et la place s’illuminent à la clarté d’une foule de petites bougies portées par les masques, qui les soufflent et les rallument en se poursuivant. Dans les voitures sont des torches qu’éteignent du haut des fenêtres des masques armés de gros soufflets.)

Fieramosca (à Pompeo, sur le devant de la scène)
Viens, pas à pas,
Fendons la presse,
Offrons le bras
A ma maîtresse.

Cellini (à Ascanio, sur le devant de la scène)
Viens, pas à pas,
Fendons la presse,
Offrons le bras
A ma maîtresse.

Teresa (sur le devant de la scène au mileu, et dans la surprise)
Un moine blanc ... c’est Cellini!
Que vois-je? un autre ici!
Deux capucins ...

Fieramosca (d’un côté)
C’est moi!

Cellini (de l’autre)
C’est moi!

Teresa
Dieu! lequel est-ce?

Chœur de masques (se poursuivant)
Moccolo, moccoli!

Fieramosca et Cellini
C’est moi! Prenez mon bras!

Chœur
Moccolo, moccoli!
A mort le moccolo!

Cellini
Quoi! par l’enfer et mon patron,
Un autre moine ... ah! trahison

Pompeo (à Fieramosca)
Va, ne crains rien, marche quand même.

Fieramosca
Ah! maudit froc, sot stratagème!

Pompeo
Tiens bon!

Ascanio
Vengeons-nous de la trahison.

Pompeo
Tiens bon, tiens bon.
Va, ne crains rien.

Cellini (tirant son épée)
Qui que tu sois, homme ou démon,
C’est fait de toi.

Fieramosca (tremblant)
Pompeo! à moi!
Vite en avant.

Ascanio (courant après Fieramosca)
Attends, toi qui prends le devant!

(Ils se battent: Cellini contre Pompeo, Ascanio contre Fieramosca.)

Teresa
Ciel, au secours! qu’on les arrête!

Peuple (les retenant)
Mais êtes-vous fous, un jour de fête?
Mais vous avez donc perdu la tête?

Cellini (se dégageant)
Non, je n’ai pas perdu la tête. Non.

Teresa
Au nom du ciel qu’on les arrête!

Fieramosca (reculant devant l’épée d’Ascanio)
A mon secours!

Pompeo (combattant)
Tiens bon!

Cellini (pressant plus vivement Pompeo)
Non, non ...

Fieramosca (se sauvant, poursuivi par Ascanio)
A mon secours!

Cellini
Non ... ! non ... !
Il transperce Pompeo. On entend un cri.

Pompeo
Ah! je suis mort!

(Tous les porteurs de moccoli s’arrêtent et se groupent autour de Pompeo, étendu par terre.)

Peuple
Un homme mort! vite à la garde ...
Un mort!

Balducci (revenant la canne en main, et les habits en désordre)
Un meurtrier ... ma fille ... un mort!

Fieramosca (rentrant essoufflé et se croyant toujours poursuivi par Ascanio)
A mon secours ... ! Pomp ... mort!

Peuple (montrant Cellini)
Oui, c’est ce moine ... oui ... qu’on l’arrête,
Son arme brille et fume encor.

(Cellini est arrêté. Tous les masques avec leurs lumières se groupent autour de lui, de Teresa appuyée sur son père, et de Pompeo étendu à terre. Fieramosca se tient un peu à l’écart.)

Cellini
Je suis perdu!

Fieramosca (avec l’accent de la terreur la plus profonde)
Je suis sauvé!

Francesco et Bernardino
Le maître est pris!

Ascanio
Mon pauvre maître

Fieramosca
On tient le traître!

Cellini et Teresa
Cruel destin!

Balducci, Francesco et les bateleurs
Ah! maudite nuit!

Femmes
Un si bel homme!

Hommes
Ah! quel coquin!

Teresa
Maudite nuit!

(Les élèves et amis de Cellini feignent de ne pas le reconnaître et de partager l’indignation générale.)

Francesco, Bernardino, Balducci, Fieramosca et le peuple
Assassiner un capucin!
Un camaldule, ah! c’est infâme!
C’est un brigand de l’Apennin;
C’était l’amant de quelque femme;
Soldats, gardez bien l’assassin!
C’est la vendetta, c’est certain.

Teresa (regardant Fieramosca)
Ah! pauvre femme,
Pour moi seule il s’est perdu!
Infâme, lâches drôles!
Le traiter comme un assassin.

Cellini
Ah! terrible nuit, ô sort maudit!
Lâches, drôles,
Me traiter comme un assassin.

Ascanio
Ah! mon cher maître!
Infâme! Lâches, drôles,
Le traiter comme un assassin.

(Le canon du fort Saint-Ange tonne; à ce signal, toutes les lumières portées par les masques s’éteignent, et une obscurité profonde envahit la place.)

Cellini (élevant la voix dans l’ombre)
A moi, mes amis,
A moi, je suis pris!

(Cellini se dégage, et se sauve. Confusion générale augmentée par les élèves et amis de Cellini, pour favoriser sa fuite.)

Peuple
On n’y voit pas!

Balducci, Fieramosca et une partie du chœur
Gardes, tenez-vous l’homme?

Gardes
A nous, bourgeois!

Peuple
A nous, soldats!

Teresa, Ascanio et les amis de Cellini
Il a disparu!

Fieramosca et Balducci
Maudit canon! le drôle était saisi.

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Teresa, Ascanio, Francesco, Bernardino et les apprentis de Cellini
Ah! cher canon du fort Saint-Ange,
Pour que le jour en nuit se change,
Merci! l’instant est bien choisi;
Car les soldats l’avaient saisi.
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Annotazione modificata l'ultima volta il 2019-01-28 23:56 UTC.

Relazioni

compositore:Hector Berlioz (French composer)
librettista:Henri Auguste Barbier
Léon de Wailly (librettist)
parte di:Benvenuto Cellini, op. 23 : Acte I (ordine: 23)

Registrazioni

DataTitoloAttributiArtistaDurata
registrazioni
1972-07Benvenuto Cellini : Acte I, Tableau 2 : Scène 13. « Viens, pas à pas. Assassiner un capucin ! À moi, mes amis »Jules Bastin, Jane Berbié, Derek Blackwell, Chorus of the Royal Opera House, Covent Garden, Christiane Eda‐Pierre, Nicolai Gedda, Raimund Herincx, Robert Lloyd, Robert Massard, BBC Symphony Orchestra, Sir Colin Davis4:05
2003-07-08 – 2003-07-13Benvenuto Cellini : Acte I. Deuxième tableau : « Assassiner un capucin »parzialeChœur de Radio France, Patrizia Ciofi, Joyce DiDonato, Gregory Kunde, Jean-François Lapointe, Marc Mauillon, Laurent Naouri, Ronan Nédélec, Éric Salha, Orchestre national de France, John Nelson1:06
2003-07-08 – 2003-07-13Benvenuto Cellini : Acte I. Deuxième tableau : « Soyez surpris »parzialeChœur de Radio France, Patrizia Ciofi, Joyce DiDonato, Gregory Kunde, Jean-François Lapointe, Marc Mauillon, Laurent Naouri, Ronan Nédélec, Éric Salha, Orchestre national de France, John Nelson1:10
2003-07-08 – 2003-07-13Benvenuto Cellini : Acte I. Deuxième tableau : « Viens, pas à pas »parzialeChœur de Radio France, Patrizia Ciofi, Joyce DiDonato, Gregory Kunde, Jean-François Lapointe, Marc Mauillon, Laurent Naouri, Ronan Nédélec, Éric Salha, Orchestre national de France, John Nelson2:45
2007-06-26 – 2007-06-29Benvenuto Cellini: Acte I, deuxième tableau: Soyez surprisdal vivoLaura Claycomb, Peter Coleman-Wright, Andrew Foster‐Williams, Jacques Imbrailo, Darren Jeffery, Andrew Kennedy, Gregory Kunde, London Symphony Chorus, John Relyea, London Symphony Orchestra, Sir Colin Davis1:04
Benvenuto Cellini : Acte I. Deuxième tableau : « Soyez surpris »Chœur de Radio France, Patrizia Ciofi, Joyce DiDonato, Gregory Kunde, Jean-François Lapointe, Marc Mauillon, Laurent Naouri, Ronan Nédélec, Éric Salha, Orchestre national de France, John Nelson1:10